Guillaume Herblot: Madame la Présidente...
Madame la Présidente, votre indignation est un aveu.
Vous dites qu’« une décision du Conseil constitutionnel ne se contourne pas ». Personne ne contourne rien, on révise, Article 89, référendum, congrès. C’est dans le texte que vous brandissez comme une relique.
Vous parlez de « notre bien le plus précieux ». Précieux, oui. Intouchable, non.
Vous l’avez touché quand ça vous convenait. Liberté de l’IVG inscrite dans la Constitution : silence pieux. Donner au peuple le dernier mot après une censure des Sages : soudain, « fragilisation de la République ».
Le vrai message, c’est celui-ci : le Parlement peut voter, les Français peuvent élire, mais neuf sages ont le dernier mot. Et vous, présidente de l’Assemblée, trouvez ça normal. Vous présidez une chambre que vous acceptez de voir vidée par le conseil « des sages ».
Ce n’est pas Retailleau qui attaque la Constitution. C’est vous qui la figez dans la version qui arrange le pouvoir des juges.
La souveraineté n’est pas un décor. Si le peuple ne peut plus trancher quand une loi votée est annulée, ce n’est plus une République, c’est un conseil de tutelle.
Prenez garde, dites-vous, à ne pas fragiliser le socle.
Le socle, ce n’est pas le Conseil.
C’est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
Tout le reste n’est que commentaire.
La Constitution n’est pas votre cadre privé. C’est le nôtre. Et le peuple a le droit de la réécrire.
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