Joan Larroumec: Vous voulez entendre des chiffres...
Vous voulez entendre des chiffres sur le coût de l'enfant que vous n'avez jamais lus ailleurs et qui vont changer votre perspective ?
Voici :
600k€ : c'est ce que coûte en moyenne à la société française la production d'un nouveau membre, de sa naissance à son entrée dans le monde du travail.
Ils se décomposent comme ceci :
200k€ : dépenses directes nettes des parents (c'est-à-dire en retirant les aides et avantages fiscaux)
100k€ : pertes de revenu pour les parents qui doivent consacrer plus de temps à leurs enfants
300k€ : dépenses publiques (aides et avantages + services publics)
Ces 300k€ sont payés par tous les contribuables. Ceux qui n'auront jamais d'enfants (environ un adulte sur cinq) en financent 60k€, ceux qui en ont ou en auront 240k€.
Ainsi, quand on entend des personnes sans enfants se plaindre de participer à la politique familiale française, elles se plaignent de prendre en charge, toutes ensemble, 10% du coût d'un nouveau membre. Les parents couvrent les 90% restants.
En moyenne sur une vie, une personne sans enfants supporte environ 240k€ de coûts liés aux enfants des autres.
Cela veut dire qu'elle finance 40% d'un nouveau membre de la société. (Car les sans-enfants étant moins nombreux que les avec enfants, ils financent une petite part des enfants, mais sur plusieurs enfants.)
Sachant que pour qu'une société se renouvelle, il faudrait que chaque membre assure la naissance d'un nouveau membre pour le remplacer, les gens sans enfants ne paient donc que 40% de leur responsabilité sociale.
Pour couvrir 100% de la production de leur remplaçant, il manque 360k€ : il faudrait augmenter leurs impôts d'environ 9 000 euros par an pendant les 40 ans d'une carrière. Ce serait leur fait payer le vrai coût de leur choix de ne pas avoir d’enfant.
Car en effet, tout le monde bénéficie du fait que des enfants naissent, y compris les sans-enfants.
Comme nous sommes passés dans une société purement individualiste, les gens ont oublié comment les enfants des autres leur bénéficient directement. Ce sont les enfants des autres qui paieront leur retraite bien sûr, mais aussi qui les soigneront, répareront leur télé ou referont le trottoir devant chez eux.
Bien sûr ce n’est qu’une moyenne : il y a des sans-enfants riches qui payent plus d’impôts que la moyenne et contribuent largement plus que ce que coûte un enfant.
Il y a des familles qui vivent aux crochets complets de la collectivité, ou qui mettent au monde des individus délinquants ou meurtriers dont la société ne bénéficie probablement pas vraiment.
Mais en moyenne, quand une personne sans-enfants se plaint de trop payer pour les enfants des autres, le plus probable est qu’en réalité elle ne paye pas assez.
https://x.com/larroumecj/status/2088874694829117605