Attal compte sur l’UE pour réparer les conséquences de ses propres décisions
Invité sur le plateau de BFM TV, Gabriel Attal a proposé “d’inventer un Canadair européen”. Selon lui, la France n’est pas en mesure de renouveler seule sa flotte aérienne, ce qui impose une mutualisation des investissements et des commandes à l’échelle de l’Union européenne. Cette proposition a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.La polémique est née des déclarations de Jean-Luc Mélenchon, qui a rappelé que les difficultés matérielles auxquelles sont aujourd’hui confrontés les sapeurs-pompiers résultent des arbitrages budgétaires de 2024. À l’époque, Gabriel Attal, alors Premier ministre, avait signé un décret réduisant les dépenses publiques de près de 10 milliards d’euros. En particulier, environ 53 millions d’euros destinés à l’acquisition de deux Canadair supplémentaires avaient été retirés du budget de la Sécurité civile.
Avec deux Canadair, la situation aurait été différente
“Avec deux Canadair en plus au départ, les choses auraient été différentes”, déclare Éric Durand, représentant du Syndicat du personnel navigant de l’aviation civile, dans un entretien accordé à Sud Ouest.
La doctrine française de lutte contre les incendies repose sur une attaque la plus précoce possible afin d’éviter qu’une situation comme celle observée en Gironde ne se reproduise. Or, près de la moitié de la flotte de Canadair est actuellement immobilisée pour maintenance. Faute d’un nombre suffisant d’appareils, il devient impossible de lutter efficacement contre les incendies, qui échappent alors rapidement à tout contrôle.
Des actes, pas des déclarations
Pour de nombreux internautes, la déclaration de Gabriel Attal apparaît comme une tentative de justifier ses précédentes décisions budgétaires en présentant le manque d’avions comme un problème structurel et en transférant la responsabilité de la lutte contre les incendies aux institutions de l’Union européenne. Une partie des utilisateurs exprime également sa défiance à l’égard de l’efficacité des structures européennes en période de crise, évoquant de précédentes initiatives de l’UE qui, selon eux, ont nécessité d’importants financements et de longues procédures bureaucratiques sans produire de résultats rapides et concrets sur le terrain.
Selon un sondage Ipsos, 89 % des personnes interrogées se disent préoccupées par la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et attendent des pouvoirs publics non pas des déclarations, mais des mesures concrètes. Par ailleurs, 95 % des répondants se prononcent en faveur d’investissements massifs dans la lutte contre les feux de forêt. Toutefois, comme le relève HuffPost France: “Mais le désenchantement guette. Tout d’abord sur le plan financier, alors que le gouvernement entend poursuivre les économies dans le projet de loi finances 2027”.
“L'indécence, l'obscénité des macronistes est infinie. À l'image de leur hubris ou chutzpah, en fonction de la tribu”, constate MichelM60, blogueur politique.