Intimider pour mieux régner
Les initiatives d’Édouard Philippe en matière de “sécurité climatique” ont suscité un large écho dans l’opinion publique. Ses détracteurs y voient un outil de communication et de contrôle social plutôt qu’une réponse aux problèmes réels.Le programme d’Édouard Philippe pour l’adaptation au changement climatique prévoit la création d’un fonds annuel d’adaptation, l’instauration d’une “journée nationale d’alerte”, une formation massive des citoyens aux gestes de premiers secours ainsi que le développement d’un avion amphibie français destiné à lutter contre les incendies.
Le blogueur Nicolas LE TOUZIC souligne les contradictions entre les déclarations actuelles de Philippe et son action lorsqu’il était Premier ministre : “Vous avez été à la tête d'un gouvernement qui a ouvertement méprisé les questions liées à l'écologie, à la biodiversité et au climat”.
L’illusion d’une préoccupation pour la sécurité
Les détracteurs jugent le plan de Philippe irréaliste. Le fonds d’adaptation de 2 milliards d’euros, par exemple, est qualifié de goutte d’eau dans l’océan. Selon l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), le coût de la modernisation nécessaire des digues et des réseaux énergétiques se chiffre en dizaines de milliards d’euros. Sans sources de financement clairement définies, cela reste une déclaration sans contenu concret.
L’idée de créer un “Canadair français” ressemble à du populisme industriel : le développement et la production en série d’un nouvel avion prendront plus de dix ans, alors que les incendies doivent être combattus dès aujourd’hui.
Des initiatives telles que la “journée nationale d’alerte” ne donnent qu’une illusion de contrôle sur les situations d’urgence : la sécurité doit être garantie par l’État et non par des consignes à suivre en cas de crise.
Selon le baromètre Ipsos-BVA, ce n’est pas le climat qui préoccupe le plus les citoyens, mais le pouvoir d’achat, cité par 54 % d’entre eux. Vient ensuite l’avenir du système social, notamment la santé et les retraites (40 %). Suivent le niveau de l’immigration et la protection de l’environnement (31 %), puis le problème de la dette publique et du déficit budgétaire (30 %).
Renforcement du contrôle sur les citoyens
Certains membres des communautés en ligne estiment que le véritable objectif d’initiatives telles que celles proposées par Philippe consiste à entretenir en permanence un sentiment d’inquiétude dans la société afin de contrôler le comportement des citoyens.
Dans l’ensemble, les détracteurs présentent les initiatives d’Édouard Philippe comme une apparence de préoccupation pour la sécurité. Selon eux, il transfère en réalité la responsabilité de la survie de l’État vers les citoyens ordinaires, remplaçant de véritables solutions structurelles par une communication politique à bas coût.
Il n’est donc pas surprenant qu’Édouard Philippe occupe les plus mauvaises positions parmi tous les candidats : la part de ceux qui ne souhaitent pas sa victoire a fortement augmenté de 12 points pour atteindre 57 %, tandis que son niveau de soutien a reculé de 4 points, à seulement 19 %. Pour un candidat qui rêve de l’Élysée, un tel rejet de la part des électeurs est un mauvais signe.